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« Happiness », drame social au coeur de Hong Kong

La critique hongkongaise l’a qualifié de « version grunge » du film « Une vie simple » de Ann Hui (avec Andy Lau, sorti en France en mai 2013). Il est vrai que la comparaison est inévitable entre ces deux histoires. Un jeune homme, une femme âgée … aucun lien filial ne les lie, et pourtant chacun a besoin de l’autre, à un moment donné de sa vie. Les destins de chacun basculent au moment où l’un des deux devient dépendant, à cause de l’âge et de la maladie. Le film, tout en émotions et non dépourvu d’humour, sous-entend que le plus dépendant n’est peut-être pas celle qu’on croit.

Hong Kong, ville ultra moderne, dure et éreintante, abrite dans ses ruelles, ce genres d’histoires et inspire au cinéma ces films intimistes qui passent rarement la frontière, tant ils sont liés de façon quasiment organique à l’urbanité hongkongaise.

Appartements petits autant que chers, voire inaccessibles pour beaucoup, solitudes nées de la modernité, des accidents de la vie, du chacun pour soi … telles que les grandes villes en regorgent. A Hong Kong il est courant de partager son logis, de sous-louer une chambre libre dans son appartement, même si celui-ci est déjà bien étroit. C’est dans ce contexte d’une certaine détresse personnelle, que l’histoire de Fanny et Yuk est racontée dans le film au titre timidement joyeux, « Happiness » (bonheur).

Qualifié de l’un des meilleurs films de l’île sur l’année 2016, « Happiness », réalisé par Andy Lo Yiu-fai, a également permis à l’actrice principale Kara Wai de remporter deux prix de la Meilleure Actrice dans les principaux festivals d’Asie.

Elle y joue le rôle de Auntie Fanny (tante Fanny), une vieille dame vivant seule. Un jour son destin croise celui du jeune Yuk, déboussolé dans les rues de Hong Kong, où il espère retrouver son père qui l’a abandonné, lui et sa mère quelques années plus tôt à Canton. Mais il découvre que celui-ci l’a exclu de sa vie, et ne compte pas renouer avec son fils. Le choc est brutal, Yuk, gonflé de tristesse et de colère, accumule les problèmes et s’enferme dans l’égoïsme.

Sa rencontre improbable avec Fanny va changer le cours de sa vie, au moment où celle-ci lui propose de lui sous-louer une chambre. Cette co-habitation de deux êtres qui sont de parfaits inconnus l’un pour l’autre, où chacun y trouve son compte, va peu à peu se concentrer sur le gouffre au bord duquel Fanny se trouve, sur ses premiers signes de la maladie d’Alzheimer.

Dans un jeu de bascule du rôle principal qui ne cessera qu’à la fin du film, Yuk et Fanny donnent à l’autre autant qu’ils prennent. Et c’est là toute l’histoire de Happiness, la responsabilité que nous avons envers ceux qui nous entourent lorsqu’ils ont besoin de nous, mais aussi le soutien que ceux-ci nous apportent dans notre propre détresse.

Comme le dit Yuk à un ami, « Que quelqu’un soit bon ou pas avec toi, ce qui compte c’est combien il s’inquiète pour toi. »

A voir à la Librairie de Sarrant le dimanche 2 juillet à 18h, entrée gratuite dans la limite des places disponibles. En cantonais, sous-titres anglais. 

 

 

 

Hong Kong cinéma

AfficheHKcinema

Du 30 juin au 18 juillet 2017
Lieu : Librairie Tartinerie de Sarrant (32)

Pour la deuxième année consécutive, Le Grizzli Vert vous invite à découvrir Hong Kong par les arts visuels, et notamment, par son cinéma. Partez pour un petit voyage en trois temps dans le 7ème art hongkongais, celui qui illumina jadis nos écrans et nos rêves, et celui qui éclôt, et reste à découvrir. Interrogeons-nous sur l’identité de cette ville-archipel bouillonnante, changeante, charmeuse autant qu’impitoyable.

Contrainte de s’adapter à la nouvelle ère chinoise que la rétrocession de 1997 a ouverte, obligée de composer avec l’imposant public de la Chine continentale, Hong Kong continue néanmoins de créer un cinéma local salutaire à la préservation de son identité culturelle. Un cinéma peu ou pas connu au-delà de Hong Kong, un cinéma off, un cinéma 100% hongkongais. A découvrir sans hésiter !

Hong Kong cinema s’articulera autour de trois temps :

HAPPINESSProjections de deux films (1er juillet à 15h, et le 2 juillet à 18h, entrée libre dans la limite des 40 places disponibles)
Samedi 1er juillet à 15h : Film policier en cantonais sous-titré français, nous contacter pour connaître le titre (legrizzlivert at gmail point com)
Dimanche 2 juillet à 18h : Happiness, de Andrew Lau, avec Kara Hui et Carlos Chan. Cantonais, sous-titré anglais, 113 minutes.

Exposition du 30 juin au 18 juillet :
Illustrations (Rex KOO)
Photocollages en 3D (Camille Levert)

Atelier artistique pour adulte (1er juillet à 17h30 et 2 juillet à 14h30 = 4 heures en 2 sessions, 35€/personne, matériel fourni et cédé) pour se former au photocollage en 3D tout en découvrant des lieux iconiques du cinéma de Hong Kong. Plus d’infos ici

à propos de l’exposition :

SelfPortraitRex KOO
Né en 1977 à Hong Kong, Rex KOO a fait ses études de design graphique à Manchester en Angleterre. Passionné de typographie il a longtemps travaillé comme graphiste pour différentes agences et a notamment participé à la création de l’affiche du film In The Mood for Love.

Mais Rex KOO est aussi un artiste puriste qui chérie le travail manuel, celui qui prend du temps et replace l’homme dans le concret, loin des écrans.

L’écran, il le réserve au cinéma, dont il est féru. Particulièrement celui de son île, Hong Kong. L’oeil critique sur les mutations subies depuis la rétrocession, notamment par l’industrie du cinéma hongkongaise, il revoit avec nostalgie ses films préférés, ceux d’avant 1997. Il en tire son inspiration pour un travail riche de dessins en couleurs tracés aux feutres aquarelle. Il poste ses illustrations sur une page Facebook intitulée « Rex Koo sometimes feels so blue » (Rex Koo a tellement le blues parfois). Ce travail personnel, qui a déjà donné lieu à trois publications, est une collection d’arrêts sur image de grands classiques du cinéma hongkongais des années 80 et 90, la belle époque qui a vu éclore les stars comme les auteurs et les grands réalisateurs.

L’époque des films de gangsters, ceux qui ont remplacé les poings du kung-fu par les automatiques, un dans chaque main (Le Syndicat du Crime, Une balle dans la tête, The Killer… de John Woo). Mais aussi celle des farces de Stephen Chow où violence extrême et humour paillard s’entremêlent avec la fluidité du mo lei tau, cette forme d’humour née à Hong Kong à la fin du 20ème siècle, et qui joue avec les effets de surprise, les incongruités, les anachronismes délibérés. Le mo lei tau et son irrévérence poussée à l’extrême, son anarchisme joyeux. Et bien sûr la magnifique vague des grands auteurs de films intimistes, Wong Kar-Wai (In the Mood for Love, Happy Together, Nos années sauvages …) et Stanley Kwan (Rouge, Center Stage …)

Autant de chefs d’oeuvre incontournables qui continuent d’inspirer au-delà de Hong Kong, et que vous reconnaîtrez dans les dessins de Rex KOO.

ShawHouseCamille Levert (photo collages en 3D)
Les pièces exposées dans Hong Kong cinema représentent des lieux emblématiques d’une époque révolue, théâtres de cinéma à l’architecture grandiose dans une ville rythmée par les films produits localement, maison mère des studios Shaw, lieux de tournages iconiques etc…
Autant de lieux qui serviront de points de départ à l’atelier artistique que Camille animera auprès de six adultes les 1er et 2 juillet à Sarrant, pour les initier à la technique du photocollage en 3D.

Infos, inscriptions :
tel : 09 51 11 76 91
mail : legrizzlivert@gmail.com

inkchachalogo_2016
Merci à Print Studio Ink’Chacha
de sponsoriser Rex Koo
pour notre exposition !

Hong Kong lentement

HKposterGRIZZLIVERTwebL’association Le Grizzli Vert & Le Barbacane présentent

Hong Kong lentement

La jeune association artistique terrauboise a mis en septembre 2015, un pied bien loin des douces collines gersoises … à Hong Kong ! L’occasion de poser les premières pierres d’un pont entre ces deux territoires qu’il parait surprenant de comparer tant ils semblent s’opposer, notamment par leur densité humaine. Mais emmener loin et surprendre sont aussi à l’origine du Grizzli Vert.

Imaginez un peu : 30 000 habitants vivent sur les 1 000 m2 de l’un, 30 personnes vivent sur la même surface de l’autre…

Et pourtant, il est des choses que Hong Kong et le Gers partagent. Le fait d’être au milieu de, comme à la croisée des chemins. Au milieu du Sud-Ouest pour le Gers, entre Pyrénées et Massif Central, entre Atlantique et Méditerranée. Au milieu de l’Extrême-Orient pour Hong Kong qui avec Singapour, se partagent le rôle de plateforme centrale et liante.
Mais surtout, ce que Gers et Hong Kong ont en commun, c’est la prégnance de la nature. Que l’on soit à Terraube où à Hong Kong, il n’y a pas de coupure entre la nature et l’homme. Certes, la nature de cette nature n’est pas la même, sauvage et luxuriante d’un côté, maîtrisée et cultivée de l’autre. Mais elle est là, partout, en nous. Elle détermine nos lieux de vie, nos déplacements, façonne nos paysages. Hongkongais et Gersois sont d’une certaine façon conditionnés par cette nature (que de champs à traverser, de petites routes qui tournent, de montagnes à contourner ou gravir, de mer à franchir !), mais d’aucuns ne peuvent renier le bien-être qu’ils retirent de cet environnement naturel, l’équilibre intérieur qu’il leur fournit.

Et s’il est une chose qui les oppose, hormis la densité, c’est le rythme, indéniablement. La frénésie hongkongaise, son empressement à s’élever et s’étendre encore (car c’est toujours possible !) est difficilement transposable sur nos collines gersoises où le rythme, plus humain, n’est pas étranger à la longévité de certains de ses plus anciens habitants.

A contre-pied de cette frénésie hongkongaise, Le Grizzli Vert a voulu s’intéresser à cette mégapole en s’emparant des codes du slow art. Pour ce premier regard sur la cité « financière » chinoise, il s’est rapproché d’artistes qui prennent leur temps, qui le chérissent même. Des hommes et des femmes qui placent un savoir-faire que notre société moderne qualifierait « d’artisanal », au coeur de leur démarche artistique.

Dessinateurs hongkongais et français, illustratrice coréenne, artiste américaine du papier découpé, artistes plurimedia mêlant photographie, découpage et collage, maître hongkongais du fotomo (invention japonaise associant photographie et modélisme que le Grizzli Vert est heureux de pouvoir présenter en exclusivité dans l’exposition et l’atelier)… une sélection internationale qui propose une représentation unique, souvent poétique, parfois décalée d’une ville dont la réputation repose surtout sur des clichés.

Une exposition collective à déguster en se remémorant les mots de Henry David Thoreau, philosophe et naturaliste américain du 19ème siècle, « Ce n’est pas ce que vous regardez qui compte, c’est ce que vous voyez* ». Elle rassemble les artistes Alexis Ip, Veron Sung, Yeji Yun, Gérard Henry, Elise Wehle, Camille Levert et des sketchers du groupe Hong Kong Urban Sketchers : Noble Wong, Alvin Wong, Rob Sketcherman, Elaine Chiu et Victor Law.
Cliquez ici pour voir la liste des artistes. 

Une exposition à prolonger lors de l’Atelier fotomo : deux sessions de 2h30 pour apprendre à réaliser un fotomo, objet photographique en 3 dimensions, réalisé à partir de tirages fournis par Le Grizzli Vert.
Places limitées**, renseignements et inscriptions : legrizzlivert@gmail.com

Enfin, découvrez et offrez-vous les objets du quotidien hongkongais dans la boutique éphémère qui se tiendra le lundi 15 en soirée. Les recettes de la boutique iront au Grizzli Vert, et lui permettront d’organiser ses prochains événements.

logoBarbacwebCette semaine riche de découvertes est amicalement accueillie par Melany Darke et Søren Hawes au Barbacane (1, rue Barbacane, 32700 Lectoure), où un atelier est spécialement aménagé pour recevoir expositions et animations artistiques.

 

Le programme:

du 8 au 15 août
Adresse : Le Barbacane, 1, rue Barbacane, 32700 Lectoure

Exposition collective
« Hong Kong lentement »
Horaires du restaurant, ouvert samedi et dimanche

Atelier fotomo en 2 sessions (8 places, réservé aux adultes)
Jeudi 11 août, 10h-12h30
Dimanche 14 août, 10h-12h30
Prix non adhérents : 20€
Prix adhérents : 10€

Boutique éphémère (popup shop)
Lundi 15 août pendant le marché de nuit de Lectoure (à partir de 18h)
Coupon de réduction de 5€ pour les adhérents adultes à partir de 10€ d’achats

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*The question is not what you look at, but what you see.(Journal, 5 août 1851).             

**Atelier réservé aux adultes, utilisation prolongée du cutter. 8 places. 20€ pour les 2 sessions de 2h30 (adhérents du Grizzli Vert : 10€) Matériel fourni.

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Renseignements :
legrizzlivert@gmail.com