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Fotomo, photographie en 3 dimensions

L’année dernière, le Grizzli Vert avait consacré de l’espace et du temps à l’exposition et la pratique de la broderie sur photographie. 
fotomoCouvCet été l’association explore une pratique artistique venue du Japon, le fotomo, technique de photocollage en trois dimensions.
Inventé au début des années 2000 par l’artiste japonais Kimio Itozaki, le fotomo est à la croisée de la photographie et du modélisme.
La photographie de départ, imprimée plusieurs fois, est minutieusement décomposée et découpée, puis reconstituée par le collage et l’assemblage en plusieurs plans. Ce processus donne profondeur et matérialité à l’image initiale, nous invitant à l’apprécier différemment, de façon plus totale,  plus physique. Le spectateur a ainsi l’impression de pouvoir « entrer » dans l’image, d’en faire partie.
Le fotomo nécessite un temps relativement long à sa réalisation, mais il incite aussi le spectateur à s’attarder longuement devant lui du fait du côté exploratoire de ses perspectives. Impossible de « scanner » un fotomo, de le survoler, de le transférer, de le copier ou le reproduire. D’ailleurs il est quasiment impossible de photographier un fotomo malgré sa nature tridimensionnelle et son identité proche de l’objet. Seule l’expérience du face à face permet de l’apprécier vraiment, ce qui peut faire de lui le candidat idéal d’un « slow art photographique ».
Un fotomo s’observe et s’étudie, on s’en rapproche, intrigué par ses détails, puis on s’en éloigne, pour laisser s’épanouir l’effet de relief qui le caractérise.
AlexisIPartwork1-smallLes scènes de rues, les échoppes ouvertes et exposant leurs étals remplis et colorés se prêtent particulièrement à l’exercice du fotomo. C’est sur ce terrain que l’artiste et enseignant hongkongais Alexis IP consacre ses très nombreuses réalisations en fotomo. Fin spécialiste de cet artisanat photographique, et instructeur localement reconnu, il crée depuis une dizaine d’années de nombreux fotomos voués à la conservation de la culture hongkongaise. Un fotomo de sa réalisation sera exposé en août à Lectoure lors de l’exposition « Hong Kong lentement ».

atelierfotomo1Le Grizzli Vert vous propose de vous initier au fotomo lors d’un atelier en deux sessions de 2h30 chacune.
Dates : 11 et 14 août, de 10h à 12h30
Lieu : Le Barbacane, 1 rue Barbacane, 32700 Lectoure
Atelier réservé à l’adulte
Prix adhérent : 10€
Prix non adhérent : 20€
Renseignements et inscriptions : 
legrizzlivert at gmail.com

 

 

 

Portraits de Terraubois

 » Vous souvenez-vous de votre première baguette de pain ? « 
 » Vous souvenez-vous de votre maîtresse d’école ? « 
 » Vous rappelez-vous de la première fois que vous êtes arrivée à Terraube ? »
….
Depuis quelques jours, de drôles de questions sont posées à Terraube. Des questions un peu personnelles, qui ont toutes un point commun : Terraube. Car ces questions ramènent immanquablement les personnes interrogées, à ce petit village perché sur la belle Lomagne vallonnée. Les questions les ramènent … au moins 40 ans en arrière.

Comment conserver les souvenirs ? En les transmettant à ses enfants, à ses voisins … En les photographiant, en les dessinant, en les filmant … ? La plupart du temps nous parvenons à enregistrer les faits importants de nos vies, les carrefours officiels auxquels on ne peut échapper, naissance, mariage, etc… Autrefois, on n’enregistrait que ceux-là, les changements de noms, de statuts, de pays… on les figeait sur papier glacé, mis en scène pour l’occasion. L’émotion elle, s’évaporait peu à peu. On oubliait les petites choses qui nous avaient fait sourire, changer d’avis, de vie parfois… pour un regard, une idée, un parfum, un air de musique.

Mais si l’on veut ne conserver que l’essence d’un événement passé, l’impression qu’il nous a laissée, l’émotion qu’il a suscitée en nous ? Comment l’enregistrer ? Cette chose qu’il nous reste, que nous seuls pouvons retrouver, sans pour autant être capable de la reproduire. Peut-on même la partager? Peut-on la re-sentir?

Si l’on veut donner les clefs d’un passé sans pour autant tout dévoiler, conserver cette distance qui nous sépare de notre jeunesse, tout en s’y replongeant un peu, le temps d’une question, le  temps d’un regard, la photographie peut-elle nous aider ?

Saisissons ce regard qui s’éloigne dans le Terraube d’il y a 40 ans.

« Georges, vous souvenez-vous de votre première baguette de pain ?« . La tête se tourne d’un côté, comme souvent quand on réfléchit, les yeux cherchent un point au loin, cherchent la baguette de pain, la première qu’il a sortie du four de son père boulanger, avec qui il a commencé à travailler à douze, treize ans. Non, il ne se rappelle pas de sa première baguette. C’est trop vieux. C’était il y a soixante-dix-huit ans. Vous vous rappelleriez, vous ?

On a beau leur assurer qu’il n’y a pas d’obligation à répondre à la question posée, passées les deux ou trois secondes de réflexion (d’évasion), ils répondent. Tous. Même ceux qui ne désiraient pas franchement répondre. On ne peut pas s’en empêcher, de se raconter.  Raconter l’enfant, le jeune homme arrivant d’Italie à 21 ans, une vie, une carrière à nourrir avec amour tous les écoliers, depuis la première cuillerée servie jusqu’à celle de la veille. On revoit les gestes que les parents ont appris, la première oie gavée, on sait que l’on a su, même si la journée d’hier est parfois confuse. Certains souvenirs liés aux émotions, au lieu de vie, sont posés au fond de nous, intacts, un peu jaunis peut-être, comme des photos qui, ressaisies par le regard se mettent à nouveau à vivre, les sensations en plus.

Alors profitons-en, pour les écouter, ces souvenirs, pour les re-garder surtout. Pour les garder, tout court.

PortraitsTerraubois-Levert_Camille_01
(photographies C. Levert)

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Portraits de Terraubois est un travail photographique de portraits en diptyque réalisé par Camille Levert. Il est voué à être exposé à Terraube, puis à voyager dans le Gers dans des lieux publics tels que des maisons de retraite, des médiathèques ou des mairies.
Le processus de prise de vue est inspiré du travail d’Angela Fama, une photographe américaine qui a réalisé une série intitulée « How are you? », dans laquelle elle posait cette question simple (Comment allez-vous ?) à ses modèles, puis enclenchait l’appareil photo juste après, pour saisir leur expression avant qu’ils ne lui répondent.
Contrairement aux modèles d’Angela Fama qui sont des passants anonymes questionnés sur leur présent, les Terraubois sont ici sélectionnés pour leur histoire avec le village et interrogés par la photographe sur un point précis de leur passé lointain. Chaque question est personnalisée.
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Tu me brodes une photo ?

En février 2015, Le Grizzli Vert a entamé un projet original avec l’association terrauboise de couture, les Petites mains terrauboises (http://www.lespetitesmainsterrauboises.blogspot.fr), et quelques enfants du village.
L’objectif est de constituer une série d’images représentant Terraube autrement, en alliant photographie noir et blanc, et broderie.
Les Petites Mains terrauboises désireuses de participer à cette aventure créative, ont dans un premier temps fait des essais de broderie sur d’anciennes photographies du village. Nous adorons le résultat !

Lectoure, par Gilberte Ferris :

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Terraube, par Gilberte Ferris :

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Le Château

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La rue principale

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Le monument aux morts

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Le boulevard du nord 

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Le château de Terraube, par Claudie Maffait :

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Ces premières magnifiques réalisations nous encouragent à passer à la deuxième étape de ce projet brodé … la participation des enfants de Terraube ! Les volontaires prendront des photographies noir et blanc du village, et feront des croquis du village, de ses pierres, de ses détails … Leurs épreuves seront ensuite confiées aux Petites Mains terrauboises qui ajouteront les couleurs avec leurs aiguilles.

La série ainsi créée sera exposée et devrait donner lieu à l’édition de cartes postales, dont les recettes iront aux deux associations !

Edito du 3 avril : voici les dernières réalisations des Petites Mains terrauboises !
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TerraubeGrandeRue-Claudie-smallpar Claudie

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par Claude

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par Marie-Hélène

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par Gigi